L'IA est entrée dans les entreprises françaises plus vite que la méthode pour la déployer. En 2025, 18 % des entreprises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'intelligence artificielle, soit 8 points de plus qu'en 2024. Le taux est de 15 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés et de 31 % pour celles de 50 à 249 salariés, contre 58 % au-delà de 250 salariés. La moyenne de l'Union européenne est de 20 %.
Source : INSEE, Les technologies de l'information et de la communication dans les entreprises en 2025, Insee Première n° 2120, paru le 21 juillet 2026.
Une PME ne se distingue donc plus par l'accès à l'outil, qui est ouvert à tous, mais par la façon dont elle le met au travail. C'est là que l'écart se creuse.
Les études le confirment, notre baromètre terrain aussi : 85 % des usages IA en PME se concentrent sur ChatGPT en mode individuel et non structuré. Chaque collaborateur expérimente dans son coin, sans cadre commun, sans partage de bonnes pratiques. L'IA reste un gadget, pas un outil de travail.
Trois causes reviennent systématiquement dans les PME que nous accompagnons.
1. Démarrer par l'outil au lieu du problème. Le dirigeant entend parler de ChatGPT, achète des licences, les distribue. Trois mois plus tard, personne ne les utilise. La question n'a jamais été : "quel process métier cette technologie va concrètement améliorer ?"
2. Pas de gouvernance. Moins de 15 % des PME hors secteur tech ont une gouvernance IA formelle. Pas de référent, pas de règles d'usage, pas de cadre sur les données qui peuvent ou non être partagées avec un LLM. Le risque n'est pas technique, il est organisationnel.
3. Pas de transfert de compétences. Le prestataire livre un proof of concept, repart avec le savoir-faire. L'équipe ne sait ni maintenir, ni faire évoluer, ni reproduire. Six mois plus tard, le système est abandonné.