Cette page explique comment on finance le rachat d'une entreprise.
Elle est faite pour les dirigeants qui veulent transmettre ou racheter une entreprise.
Il y a 6 mécanismes de financement expliqués simplement :
Ce que ça veut dire pour le vendeur. Ce que ça veut dire pour l'acheteur. Et le piège à éviter.
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Six mécanismes de financement. Six logiques différentes. Pour chacun : ce que ça implique concrètement côté cédant, côté repreneur, et le piège que personne ne vous explique avant la signature.
Financer une reprise d'entreprise, c'est réunir de quoi couvrir trois choses à la fois : le prix des titres ou du fonds payé au cédant, les frais d'acte et d'honoraires qui s'y ajoutent, et la trésorerie dont l'entreprise aura besoin une fois reprise. Ces besoins se couvrent en combinant un apport personnel, une dette bancaire, un crédit vendeur consenti par le cédant et des dispositifs publics. Aucune de ces ressources ne suffit seule, et c'est leur assemblage qui fait le montage.
Réponse courte
Les six mécanismes, en une ligne chacun. Chacun est détaillé plus bas, côté cédant et côté repreneur.
Ces six mécanismes ne s'excluent pas. Une même opération combine souvent une structure et un financement, par exemple un MBO monté en LBO avec un crédit vendeur consenti par le cédant. La question utile n'est donc pas lequel choisir, mais lequel décrit votre situation et lequel finance le solde.
Le véhicule qui porte la dette : le holding de reprise. Dans la plupart de ces montages, le repreneur n'emprunte pas en son nom. Il crée un holding, ce holding emprunte auprès d'une banque, il rachète les titres de la cible, puis la cible lui remonte des dividendes qui remboursent l'emprunt. Bpifrance Création en décrit l'intérêt en deux temps. Un effet de levier juridique d'abord : le repreneur contrôle la cible sans en détenir nécessairement la majorité du capital social. Un effet de levier financier ensuite : l'endettement accroît la rentabilité des fonds investis. La condition de réussite tient en une phrase, et c'est elle qui fait tomber les montages trop ambitieux. Le montant de la dette doit être calculé pour que les dividendes remontés de la filiale garantissent le remboursement de l'emprunt, sans oublier pour autant les besoins de la société d'exploitation.
Les parts, les montants et les durées ci-dessous sont ceux que publie Bpifrance Création, complétés par ses fiches sur le prêt transmission et les dispositifs de garantie.
| Source | Part du prix ou montant | Durée | Qui l'accorde |
|---|---|---|---|
| Apport personnel | Couvre en moyenne 30 % des besoins d'investissements. | Sans objet, il est apporté au capital. | Le repreneur. |
| Dette bancaire | Ne couvre pas plus de 70 % du prix d'acquisition. | Généralement 7 ans. | La banque. |
| Crédit vendeur | Paiement échelonné d'une partie du prix, 50 % au maximum. | Généralement fixée entre 1 et 3 ans. | Le cédant. |
| Prêt transmission | De 40 000 à 1 500 000 euros, sans garantie ni caution personnelle. | 7 ans au plus, avec un allègement du remboursement les 2 premières années. | Bpifrance, à côté d'un prêt bancaire d'une durée minimale de 5 ans. |
| Garantie transmission | Garantit 50 % du montant emprunté, ou 70 % en cas d'intervention conjointe de la Région. | Celle du prêt garanti. | Bpifrance, sur un achat de titres, un achat de fonds de commerce ou la caution bancaire d'un crédit vendeur. |
| Prêt d'honneur | Renforce l'apport personnel, ce qui augmente d'autant la capacité d'emprunt. | Variable selon le réseau. | Les réseaux d'accompagnement, à titre personnel et sans intérêts. |
| Aide à la reprise | Égale à 60 % du reliquat des droits à l'assurance chômage. | Versée en capital. | L'assurance chômage, pour un repreneur indemnisé. |
Ces valeurs sont des moyennes et des plafonds, pas un plan de financement qui s'additionne jusqu'à 100 %. Le crédit vendeur et le prêt d'honneur servent en général à réduire la part bancaire ou à renforcer l'apport, ils ne viennent pas par-dessus. Le tour de table se construit dans l'autre sens : le prix et les frais annexes d'abord, la trésorerie à renforcer ensuite, et les ressources en face.
C'est l'erreur de cadrage la plus coûteuse : monter le financement sur le prix payé au cédant. Bpifrance Création le dit autrement, une reprise représente un coût global qui ne correspond pas uniquement à ce prix. Voici les besoins à chiffrer avant de chercher les ressources.
| Besoin | Ce qu'il faut chiffrer |
|---|---|
| Frais d'établissement | Les droits d'enregistrement, et les frais d'actes, d'honoraires et de taxations. Sur une reprise de titres de société, ils se limitent à ceux de l'entreprise elle-même. |
| TVA sur le matériel repris | La TVA résiduelle facturée par le cédant. Elle se récupère, mais elle sort de la trésorerie d'abord : sa place est dans le plan de trésorerie. |
| Stock | Il se négocie séparément, parce qu'il ne fait jamais partie de l'acte de vente d'un fonds. Un échelonnement des paiements peut s'obtenir. |
| Nouveaux investissements | Ce que l'entreprise réclame déjà et que le cédant a différé, chiffré hors taxes, petits matériels, petits travaux et petit outillage compris. |
| Besoin en fonds de roulement | Celui de la première année, calculé à partir du besoin de l'entreprise existante. Le stock ne doit pas être compté deux fois. |
Deux règles de lecture bancaire s'appliquent ensuite au montage, et elles décident souvent du prix maximum finançable. Les banquiers vérifient que l'endettement total ne dépasse pas, en règle générale, 3 ou 4 années de capacité d'autofinancement prévisionnelle, et que le remboursement annuel du principal ne représente guère plus de la moitié de la capacité d'autofinancement annuelle. Autrement dit, ce n'est pas votre apport qui plafonne l'opération, c'est ce que l'entreprise rachetée peut rembourser avec ses propres flux.
Source : Bpifrance Création, plan de financement initial d'une reprise d'entreprise, consulté le 12 octobre 2026. Ces besoins sont ceux d'une reprise de fonds de commerce, le cas le plus complet. Une reprise de titres en retire les frais propres au fonds.
Le cas ci-dessous est fictif. Les montants ont été choisis pour que le plan s'équilibre et se vérifie à la main, et pour rester dans les ordres de grandeur publiés par Bpifrance Création. Ils ne décrivent aucune opération réelle. Soit une PME reprise par rachat de titres, pour un prix de 800 000 euros.
| Les besoins | Montant | Pourquoi cette ligne existe |
|---|---|---|
| Prix des titres | 800 000 euros | Ce qui est payé au cédant. C'est la seule ligne que beaucoup de repreneurs chiffrent. |
| Frais d'acte et honoraires | 40 000 euros | Droits d'enregistrement, actes, conseils et audits. Ils se paient comptant, à la signature. |
| Trésorerie de démarrage | 60 000 euros | De quoi tenir le besoin en fonds de roulement repris sans tirer sur le découvert au premier mois difficile. |
| Total des besoins | 900 000 euros | Le prix ne fait que les neuf dixièmes du montage. |
| Les ressources | Montant | Ce qui la rend possible |
|---|---|---|
| Apport personnel | 270 000 euros | Soit 30 pour cent des besoins, le taux moyen que publie Bpifrance Création. |
| Prêt d'honneur | 40 000 euros | Consenti au repreneur à titre personnel et sans intérêts. Il ne finance pas l'opération, il renforce l'apport. |
| Crédit vendeur | 160 000 euros | Soit un cinquième du prix, payé de façon échelonnée sur 3 ans. Bien en dessous du plafond de 50 pour cent du prix. |
| Prêt bancaire | 330 000 euros | Sur 7 ans, la durée habituelle. La banque demande la garantie ci-dessous plutôt qu'une caution personnelle sans limite. |
| Prêt transmission Bpifrance | 100 000 euros | Accordé à côté du prêt bancaire, sans garantie ni caution personnelle. |
| Total des ressources | 900 000 euros | Total des ressources égal au total des besoins. Un plan qui ne tombe pas juste n'est pas un plan. |
Lecture du montage. La dette totale, prêt bancaire et prêt transmission réunis, fait 430 000 euros, soit un peu plus de la moitié du prix payé au cédant, donc sous le plafond de 70 pour cent retenu par Bpifrance Création. Le crédit vendeur ne s'ajoute pas à la dette bancaire, il la remplace à hauteur de ce que le cédant accepte de différer. Et c'est le prêt d'honneur qui fait passer l'apport du repreneur au niveau attendu. Changez une seule de ces lignes et toutes les autres bougent, ce qui est exactement la raison pour laquelle le plan s'écrit en entier avant la première visite à la banque.
L'ordre compte autant que les montants. Bpifrance Création recommande de combiner les autres sources de financement avant de solliciter un prêt bancaire, et c'est bien dans ce sens que le tour de table se construit. Aller voir la banque en premier revient à lui demander de combler un trou que vous n'avez pas encore mesuré.
Les parts et les durées citées dans cette page sont des ordres de grandeur publiés par Bpifrance Création, pas des règles de droit. Une banque peut prêter moins, un cédant refuser tout crédit vendeur, et un dossier se monter autrement. Ce qui ne change pas, c'est l'ordre : les besoins d'abord, la banque ensuite.
Pourquoi ce guide
Construit sur le terrain
Pas de fiche Wikipedia. Chaque mécanisme est décrit depuis l'expérience de dirigeants qui les ont vécus, avec les tensions réelles que les avocats et banquiers ne mettent pas en avant.
Cédant et repreneur, les deux côtés
Chaque mécanisme est analysé des deux perspectives. Parce que la même structure a des implications radicalement différentes selon où vous êtes dans la transaction.
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Questions fréquentes
Deux choses différentes se cachent derrière la question. Les sources de l'argent d'abord : un apport personnel qui couvre en moyenne 30 % des besoins d'investissements, une dette bancaire qui ne dépasse pas 70 % du prix d'acquisition sur une durée généralement de 7 ans, un crédit vendeur de 50 % du prix au maximum étalé sur 1 à 3 ans, et les dispositifs publics comme le prêt transmission et la garantie transmission de Bpifrance. Les structures de rachat ensuite, quatre familles : le LBO, un rachat financé par dette remboursée par les flux de trésorerie de la cible, le MBO, un rachat par l'équipe de management en place, l'OBO, ou le dirigeant rachète sa propre entreprise via un holding pour monétiser une partie de ses titres, et les mécanismes de prix différé comme l'earn-out, qui conditionnent une part du prix aux performances futures.
Bpifrance retient un taux moyen de 30 % des besoins d'investissements couverts par l'argent personnel du repreneur. La dette bancaire, elle, ne couvre pas plus de 70 % du prix d'acquisition, généralement sur une durée de 7 ans. Entre les deux, le prêt d'honneur accordé à titre personnel et sans intérêts par les réseaux d'accompagnement renforce l'apport sans être une dette de la société, et le crédit vendeur consenti par le cédant, dans la limite de 50 % du prix, réduit d'autant le besoin de financement immédiat.
Le LBO (Leveraged Buyout) est un rachat financé par dette, remboursée par les cash-flows de la cible. Le MBO (Management Buyout) est un rachat par l'équipe de management en place. L'OBO (Owner Buyout) permet au dirigeant de racheter sa propre entreprise via un holding pour monétiser une partie de ses parts tout en gardant le contrôle.
L'earn-out est une part du prix de cession conditionnée aux performances futures de l'entreprise après la vente. Il réduit le risque pour le repreneur mais crée une tension pour le cédant qui n'a plus le contrôle sur les leviers qui déterminent son propre patrimoine.
L'apport-cession consiste à apporter ses titres à un holding avant de vendre, ce qui permet un report d'imposition de la plus-value. La condition principale est de réinvestir au moins 60% du produit de cession dans une activité économique dans les 2 ans.
Bpifrance Création rappelle qu'une reprise représente un coût global qui ne correspond pas uniquement au prix payé au cédant. Le plan de financement initial doit aussi couvrir les frais d'établissement, soit les droits d'enregistrement et les frais d'actes, d'honoraires et de taxations, la TVA résiduelle facturée par le cédant sur le matériel repris, le stock qui se négocie séparément car il ne fait jamais partie de l'acte de vente d'un fonds, les nouveaux investissements chiffrés hors taxes, et le besoin en fonds de roulement de la première année. Deux règles bancaires encadrent ensuite le montage : l'endettement total ne dépasse en règle générale pas 3 ou 4 années de capacité d'autofinancement prévisionnelle, et le remboursement annuel du principal guère plus de la moitié de la capacité d'autofinancement annuelle.